Edito SCAR

(21/01/2014)

Quels choix pour quelle(s) agriculture(s) ?

 

A peine laborieusement bouclée au niveau de ses règles européennes, que notre nouvelle PAC 2014-2020 entre dans ses multiples réflexions de mise en œuvre pratique aux niveaux de ses différents pays membres et de leurs éventuelles régions. Or, fait nouveau, cette nouvelle PAC offre aux régions une liberté importante et sans égal dans la répartition des aides qu'elle octroie ! Et c'est évidemment le cas pour notre Wallonie...

 

Plus que jamais, et peut-être à une échelle jamais aussi courte entre le monde politique régionale et ses électeurs et agriculteurs, c'est l'heure des choix ... Or choisir, c'est peut être parfois paradoxalement plus difficile que de subir.... surtout avec l'opportunité de reprocher les choix actés par d'autres à un autre niveau. Car choisir c'est aussi toujours renoncer, prioriser, et derrière, assumer ! C'est d'ailleurs une des caractéristiques, un des maux de notre époque : ne pas savoir (oser?) choisir. Et ne nous trompons pas de cible : ce n'est pas qu'il y ait trop de choix, ça, c'est un vrai progrès.... mais c'est plus compliqué et qui plus est, peu compatible avec l'omniprésent « je veux le beurre et l'argent du beurre. ». Et puis assumer, c'est plus très « fun ».

 

Et pour la PAC de quoi parle-t-on ? Pas simple avec des agriculteurs aux visions et intérêts parfois très divergents suivant qu'ils sont éleveurs ou cultivateurs, éleveurs de bovins, de volailles ou de porcs, laitiers ou viandeux,  en conventionnel ou en bio, jeunes ou déjà bien installés, etc.  
Et puis, gaffe aux engagements et investissements réalisés dans le cadre de la PAC précédente ! Attention à ne pas « bêtement » tout casser...  
Mais le pire piège ne serait-il pas de ne pas choisir et donc de stagner, de diluer, d'éparpiller, voire à contrario, de morceler et de conflictualiser stérilement (volontairement?) les uns contre les autres les acteurs déjà peu nombreux du  monde agricole ?

 

Certes, cette « liberté des régions de répartir une partie importante de ces aides PAC » implique un consensus indispensable,  mais elle offre aussi le pouvoir de vrais impulsions ... et oblige tous les acteurs du secteurs, politiques mais aussi syndicats, coopératives, agriculteurs et partenaires agricoles à se concerter et à découvrir leurs vrais intentions...

 

Les jeunes ?  Une vraie nécessité ! Pas par dogme, mais car il s'agit de notre avenir et d'un vrai pouvoir de démarrage, de régénérescence urgente dans le cas de notre agriculture *...

 

L'agriculture familiale ? Ce n'est pas par quelques lignes que l'on peut cerner ce débat, mais comme déjà signalé, peut être y-a-t-il ici une occasion pour notre monde politique de démontrer l'adéquation de ses choix avec, ce que quasi unanimement, il défend et proclame haut et fort depuis de longues années...

 

En ce sens, la marche en arrière que constitue cette  « renationalisation » partielle des aides européennes (fondamentalement dommageable pour ce qui était et reste encore la seule et unique politique européenne pleinement intégrée), va obliger nos politiques nationaux ou plutôt régionaux à assumer certains choix, sans se cacher derrière la toute puissante Europe ...
Sans dogmatisme évidemment, sans tuer une agriculture au profit d'une autre, surtout pas .... Un « juste » et délicat équilibre à dégager, après concertation, sans mauvaise foi ni égoïsme larvé mais  avec l'ambition d'un vrai projet pour notre agriculture de demain ! Les enjeux agricoles et sociétaux sont énormes.

 

Eric Walin

 

* Pour rappel, votre Coopérative SCAR a elle aussi acté à son niveau et avec volontarisme, une politique en faveur des jeunes via son « Plan jeunes : SCAR demain ! »

 

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